Combien de divisions ?

Le pape François, dont la santé inquiète les catholiques au point de leur faire craindre une abdication du souverain pontife pour cause d’incapacité physique, malgré une brève hospitalisation, a pu prononcer sa traditionnelle bénédiction s’adressant à la ville et au monde (urbi et orbi) depuis le balcon de la place Saint-Pierre à Rome. Traditionnellement, le message papal est un plaidoyer en faveur de la paix dans le monde, et celui de 2023 n’a pas dérogé à cette règle tacite. Un message qui s’apparente beaucoup à un vœu pieux, ce qui a fait dire à Joseph Staline en son temps : « le pape, combien de divisions ? »

Buon giorno Roma

C’est ce que j’ai peut-être dit le 6 avril en débarquant à l’aéroport de Fiumicino… car j’écris ce billet la veille de mon départ pour la capitale romaine, avec jusqu’à la dernière minute le doute d’avoir la chance de la visiter !

J’aimerais pourtant que tous mes efforts soient couronnés de succès, car j’ai mis plus d’un mois à concocter un programme de visites sur une semaine, qui voulait ne rien omettre des sites les plus célèbres. Je préciserai que pour compliquer ma tâche, le séjour était prévu la semaine pascale…

Papier à cigarette

C’est le mètre étalon de la distance entre un Président de la République et son Premier ministre, que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. L’expression a été utilisée aussi bien à gauche qu’à droite pour souligner la convergence de vue entre ces deux personnages du couple exécutif. Comme Bouvard et Pécuchet, on peut citer Manuel Valls et François Hollande, ou bien Édouard Philippe et Emmanuel Macron, ou encore François Fillon et Nicolas Sarkozy. Toutefois, Jacques Chirac mettait les points sur les « I » en déclarant : « je décide et il exécute », à propos de ses relations avec Nicolas Sarkozy, alors simple ministre des Finances.

La grenouille française et le bœuf chinois

Le président Emmanuel Macron va terminer aujourd’hui une visite d’état de trois jours en République populaire de Chine. À cette occasion, il aura manié la brosse à reluire, beaucoup, et la critique, très discrète. Pas un mot concernant les Ouïgours et les droits de l’homme largement bafoués par le pouvoir du Président Xi Jinping, par exemple, le statut du Tibet et du Dalaï-lama n’est plus à l’ordre du jour, pas plus que le conflit larvé avec Taïwan. Officiellement, le sujet du jour concerne uniquement le conflit en Ukraine, pour lequel la Chine se pose en médiateur.