Le geek et l’ordre mondial

Les services de renseignement des États-Unis ont finalement identifié et arrêté le responsable des fuites massives de documents confidentiels américains touchant à la sécurité nationale, mais aussi à toute la stratégie US, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine, dévoilant des plans secrets sur la contre-offensive prévue au printemps. Plus encore que le préjudice potentiel de ces révélations, c’est le contexte de ces fuites qui est très embarrassant pour l’administration américaine. Le responsable ne semble pas avoir agi pour des raisons idéologiques, même si on le soupçonne d’être proche de la droite et de soutenir le lobby des armes.

Affaires internes

Ou comment laver son linge sale en famille ? Cela n’aura été une surprise que pour les plus naïfs d’entre nous. L’inspection générale de la gendarmerie nationale, l’IGGN, vient de rendre son rapport sur l’usage présumé abusif de lanceur de balles de défense par deux gendarmes lors de la manifestation contre le projet de mégabassine de Sainte-Soline le 25 mars dernier. Et devinez quoi ? La hiérarchie a conclu que les deux militaires auteurs des tirs « n’avaient commis aucune faute » et avaient agi « en situation de légitime défense ». La preuve irréfutable de leur innocence est basée sur leur propre témoignage, qui ne peut évidemment pas être contesté, même s’il revient en l’occurrence à être juge et partie.

Concurrence victimaire

Le week-end dernier, deux évènements dramatiques se sont produits en France, qui ont monopolisé l’attention du public, bien aidé en cela par les médias, dont c’est évidemment le travail, et à qui l’on ne peut pas en faire le reproche. Le premier, chronologiquement, s’est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche, avec l’effondrement spectaculaire d’un immeuble à Marseille, suivi d’un incendie et l’écroulement ultérieur d’un autre. Le deuxième a eu lieu le dimanche matin dans le massif du Mont Blanc, où une avalanche a emporté un groupe de randonneurs encadrés par deux guides de haute montagne. Très rapidement, le fait-divers de Marseille a éclipsé celui des Contamines, survenu ultérieurement.

Rame, rame, rameurs, ramez

Cela fait déjà longtemps que les partisans d’Emmanuel Macron sont habitués à devoir sortir les avirons pour essayer de défendre les positions du président de la République qui les met continuellement en porte-à-faux par des sorties au minimum maladroites pour justifier des propos élitistes ou méprisants, tels que son « qu’ils viennent me chercher ! » provocateur au moment de l’affaire Benalla. Du moins pensaient-ils pouvoir souffler quand le chef de l’état se trouve à l’étranger, et qu’il est supposé ne pas intervenir sur les affaires intérieures, une règle qu’il avait édictée lui-même, et dont il s’affranchit de plus en plus, avec désinvolture.