La paix des braves

Cette paix, c’est le général de Gaulle, que je n’aurai décidément jamais tant cité que ces temps derniers, qui la proposait en 1959 pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait alors la France, engagée en Algérie dans une guerre qui ne disait pas son nom, mais qui était vouée à être perdue, non sans avoir causé la mort de nombreux combattants de part et d’autre. Toutes proportions gardées, la proposition faite par Laurent Berger de mettre en pause la réforme des retraites pour tenter de trouver un compromis avec les organisations syndicales, répond un peu à la même logique.

Le mouton à cinq pattes

Selon des indiscrétions ayant filtré de l’entourage rapproché du président de la République, Emmanuel Macron aurait regretté la nomination d’Élisabeth Borne au poste de Premier ministre, alors qu’il aurait pour sa part préféré la candidature de Catherine Vautrin. Est-ce à dire qu’il va la nommer prochainement à Matignon ? Rien n’est moins sûr. Pour l’instant, il a chargé l’actuelle Première ministre d’une mission impossible : élargir la majorité en débauchant individuellement des « personnalités » en mal de notoriété et de reconnaissance. Ce qui en d’autres temps n’aurait pas posé de difficultés particulières est en ce moment assez mal vu de l’opinion.

Macron et le pot à eau

« Quel esprit ne bat la campagne ? Qui ne fait châteaux en Espagne ? » Le président, rêvant de détourner l’attention de ses « exploits » passés, s’imaginait déjà, comme la laitière de La Fontaine, dans un nouveau rôle glorieux : « on m’élit Roi, mon peuple m’aime ». Il suffira d’effrayer un peu le populo pour apparaître en sauveur, en majesté, et rétablir un ordre qui n’a pas été menacé. Justement, une manifestation, qui ne portera pas sur la réforme des retraites, pour une fois, pourrait facilement dégénérer au fin fond de la campagne profonde.

Réconciliation ou conciliation ?

La différence est subtile, la première démarche consiste à réconcilier des adversaires « fâchés » avec pour objectif de transformer les parties, de faire évoluer leurs relations. La deuxième démarche consiste à trouver un arrangement amiable entre deux personnes en conflit… on peut supposer que si la conciliation a permis de trouver un accord entre des personnes en litige, on pourrait peut-être arriver à une réconciliation !