Repose en paix RIP

Le rejet par le Conseil Constitutionnel du 2e texte de la gauche visant à soumettre la réforme des retraites à un référendum a probablement signé la fin définitive de cette procédure, quel qu’en soit le sujet. Il n’est pas anodin que l’acronyme de cette procédure, RIP, signifie à la fois référendum d’initiative partagée et en VO non sous-titrée, « rest in peace » qui accompagne souvent l’inhumation pour un dernier adieu. Même les promoteurs du texte ne se faisaient pas trop d’illusions, tant la procédure exigée pour consulter le peuple est un parcours semé d’embuches.

Un vrai conte de fées

Connaissez-vous le pantouflage ? Ce serait le fait, pour un haut fonctionnaire, d’aller travailler dans une entreprise privée, en utilisant les compétences et les relations acquises par son activité et sa formation au sein du service public. C’est ce dont est soupçonné François Fillon, ancien premier ministre, candidat des Républicains, battu en 2017 après une campagne marquée par des accusations d’emploi fictif de son épouse et de ses enfants. Il a été auditionné par une commission de l’Assemblée nationale pour éclaircir son rôle dans des entreprises russes après son retrait forcé de la vie politique française.

Le temps du muguet

Il est revenu, selon une chanson de Francis Lemarque, déjà ancienne, mais qu’on pourrait remettre au goût du jour. Cette édition 2023 de la fête des Travailleurs restera dans les annales comme celle de la réunification du mouvement ouvrier, où l’ensemble des organisations syndicales les plus représentatives se sont retrouvées derrière les mêmes banderoles dans un défilé commun, ce qui n’était plus arrivé depuis 2009. C’est un exploit à mettre à l’actif de ce gouvernement et du président de la République, objet de détestation du fait de son entêtement à n’écouter personne, y compris ses propres conseillers qui l’ont probablement mis en garde sur les conséquences de son acharnement à sauver une loi ni faite ni à faire.

Souriez, Big Brother vous regarde

La décision du tribunal administratif de Rouen, saisi en référé, de limiter l’utilisation de drones pour surveiller le défilé du 1er mai au Havre, fera-t-elle jurisprudence ? Des recours similaires ont été déposés par l’Association de défense des libertés constitutionnelles et le Syndicat des avocats de France, à Bordeaux, Paris et Lyon. D’autre part, le Conseil d’État doit se prononcer le 15 mai sur la validité des arrêtés préfectoraux qui autorisent l’emploi de ces engins volants dans le cadre du maintien de l’ordre. La crainte des organisations de défense des libertés individuelles, c’est évidemment d’un usage à des fins d’identification de citoyens ordinaires pour porter atteinte au droit de grève ou de manifestation.