Où est l’ambulance ?

« On ne tire pas sur une ambulance ». L’expression est de Françoise Giroud, et à l’époque (1974) elle visait la candidature pathétique de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la république. Celui qui avait incarné la jeunesse et la résistance au sortir de la 2e guerre mondiale en devenant le Premier ministre sportif et dynamique de Georges Pompidou, qui montait quatre à quatre les marches de l’Élysée ou du Palais Bourbon, était devenu un mauvais élève des moyens de communication modernes, ânonnant péniblement des éléments de langage à la télévision, avec un slogan pitoyable : « je le ferai ».

L’arme du crime

Un jeune Marseillais a été victime d’un arrêt cardiaque dans la nuit de samedi à dimanche dernier, alors qu’il se rendait au domicile de sa mère en scooter. Cette crise aurait été provoquée par un choc au thorax, semblant provenir d’un tir policier de flash-ball à l’aide d’un lanceur de balles de défense. Il ne semble pas que la victime ait participé directement ou indirectement aux émeutes, mais il avait filmé une intervention policière qu’il a partagée avec ses proches. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour « coups mortels avec usage ou menace d’une arme ».

Le veau d’or

Nos sociétés modernes sont basées sur une idéologie où le pouvoir de l’argent surpasse le plus souvent toutes les autres valeurs. Tels les hébreux de la Bible, nous adorons un veau d’or, façonné de nos croyances, où la valeur marchande sert d’étalon à la valeur tout court, la valeur intrinsèque de quelque chose. C’est pourquoi le lancement d’une cagnotte en ligne pour soutenir le policier qui a tiré sur le jeune Nahel a revêtu un caractère symbolique, au-delà de la somme considérable qu’elle a permis de récolter. Plus d’argent reçu, plus de justification d’un acte a priori condamnable.

Mieux avant ?

Je poursuis ma réflexion, et peut-être la vôtre, sur la délicate question de la hausse des prix et de l’inflation dont on dit qu’elle a tendance à galoper, et, paradoxalement, un retour en arrière s’impose. Est-ce que c’était vraiment mieux avant ? Pendant cette période où je débutais dans la vie active et où l’inflation était considérée comme un mal absolu, elle présentait cependant quelques avantages. Déjà, le marché du travail était radicalement différent de celui qui existe actuellement. À cette époque, il y avait du travail, pour presque tout le monde, au point qu’il fallait faire venir de la main-d’œuvre étrangère.