
Petits arrangements entre faux-amis
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- Catégorie : Diabloguiste
- Publié le vendredi 29 août 2025 11:12
- Écrit par Claude Séné

Tout est bien qui finit bien pour Rachida Dati. Du moins pour le moment. On sait depuis longtemps que l’ambitieuse ministre de la Culture a fait de la Mairie de Paris son objectif principal, et peut-être son bâton de Maréchal. Voilà déjà de nombreuses années qu’elle vise le poste honorifique occupé par Anne Hidalgo, avec laquelle elle entretient des relations exécrables pour des différents politiques alors que leurs relations personnelles ont pu être presque cordiales dans le passé, par solidarité féminine. Mais Rachida Dati, qualifiée de « bulldozer » aussi bien par ses supposés amis que par ses adversaires, ne lâche rien quand il s’agit de sa réussite sociale.
C’est ainsi qu’elle a vu d’un très mauvais œil se profiler la candidature d’un « poids lourd » de son propre camp, l’éphémère Premier ministre Michel Barnier, pour remplacer le député démissionné par le Conseil constitutionnel pour des irrégularités dans ses comptes de campagne, Jean Laussucq. Elle a pu craindre légitimement que si le Savoyard était élu sur la circonscription où elle est maire d’arrondissement, il risquait de lui faire de l’ombre, voire de se porter candidat au poste de Maire, malgré l’investiture officielle de leur parti en sa faveur. Ni une ni deux, devant l’urgence d’un scrutin prévu les 21 et 28 septembre prochains, Rachida Dati a menacé de déposer une candidature dissidente contre l’ancien Premier ministre, avec le risque que ni l’une ni l’autre ne soit élu. L’affaire se termine donc par un marchandage, où les deux camps obtiennent un soutien mutuel et réciproque, dont la sincérité est évidemment très relative et ne trompe personne. Les résultats de cette consultation seront scrutés de près par les états-majors, mais il faut craindre surtout un taux d’abstention important après l’étalage de divisions auquel nous assistons.
Ces grandes manœuvres en préfigurent probablement d’autres, plus importantes. Derrière les élections municipales se profilent les présidentielles, qui pourraient être anticipées. Aux prétendants déjà connus, il faudra peut-être ajouter Michel Barnier et, qui sait, Rachida Dati, dont l’appétit ne semble avoir aucune limite, sinon celle des « affaires » judiciaires, dont la plus grave est une suspicion de corruption en lien avec l’ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn, sans oublier d’autres démêlés judiciaires de l’ancienne Garde des Sceaux. Si par le passé, on a pu douter de la volonté et la diligence des magistrats pour instruire des affaires mettant en cause des personnalités politiques, il semble que ce ne soit plus le cas, même si l’on doit déplorer une lenteur de la Justice pour tous les dossiers qui lui sont soumis. On se souvient du mot malheureux de François Fillon, ancien premier ministre, alors candidat à l’élection présidentielle, s’exclamant qu’on ne pouvait pas imaginer le général de Gaulle mis en examen, soulignant involontairement l’abime qui le séparait de son modèle.