Petite anatomie d’une langue*

Une langue se construit à partir d’une grammaire, système de règles permettant d’analyser les particularités et les structures des phrases à l’écrit comme à l’oral.

Le premier manuel connu, destiné à aider à la construction de phrases porteuses de sens pour communiquer, date de 100 ans avant J.-C, il établissait les bases d’une grammaire grecque. Puis les Romains élaborèrent une grammaire latine, qui reste actuellement la base de l’espagnol, de l’italien et du français, puis de l’anglais du XIe siècle.

Les instruments d’une grammaire sont divers, pour construire une langue on a besoin d’une partie de vocabulaire qui représente l’ensemble des mots et des vocables de la langue, eux-mêmes classés en noms, adjectifs, pronoms, verbes, à utiliser en respectant les règles de l’orthographe, règles plus ou moins complexes suivant l’origine de la langue, souvent le cauchemar des apprenants !

Les correcteurs d’orthographe qui viennent à leur secours s’y font piéger aussi, rien que pour distinguer les homonymes !

Autant que l’orthographe, la conjugaison, autre instrument essentiel de la grammaire, s’emploie à structurer l’usage des verbes. Ces derniers qui expriment soit l’action faite ou subie par le sujet, soit l’existence ou l’état de sujet, soit l’union de la tribu au sujet.

Les grammaires les plus difficiles sont celles qui ont les modes de conjugaison les plus compliqués, par ordre le finnois avec ses 15 déclinaisons, base de la langue de la Hongrie, de la Finlande, de l’Estonie, de la Russie, le chinois, le grec, l’arabe littéraire, le japonais (aussi par leur système graphique,) le danois, l’allemand, avec ses déclinaisons sans fin, le russe qui emploie trois genres, enfin, le français, son système de conjugaison est très complexe, les verbes sont classés en groupe, l’usage en plusieurs modes, il a recours à des auxiliaires, il ménage beaucoup d’exceptions, le vouvoiement, le tutoiement, les accents, les doubles sens… son vocabulaire s’enrichit souvent de vocabulaires régionaux difficiles à retenir pour un étranger…

Les langues les plus faciles à apprendre, l’anglais, c’est une langue germanique influencée par le français, elle n’a aucune déclinaison, pas de féminin, pas de masculin, l’espagnol, langue latine de la même famille que la nôtre, elle est pratiquée dans 21 pays et comprend 450 millions de locuteurs c’est une langue de communication internationale, l’italien, la plus proche du français, beaucoup de mots du vocabulaire ressemblent au français, le suédois, pas de déclinaisons, une conjugaison simple et une ressemblance lexicale avec l’anglais et, surprenant, l’indonésien, la langue asiatique la plus simple à apprendre, car elle utilise l’alphabet latin.

Pour bien parler, comme pour bien écrire, il faut connaître sa grammaire, même si la connaître ne fait pas de nous Victor Hugo, et même si comme le dit Montherlant, c’est à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains !

La grammaire, qui sait contrôler même les rois (Molière) est un moyen d’organiser le monde comme on voudrait qu’il soit.

La construction d’une nation, d’un État, d’une identité est liée à l’édification d’une langue et grâce à ses usages mouvants, s’enrichissant d’autres langues que la sienne, c’est l’outil essentiel pour ouvrir à la fraternisation, à la compréhension des peuples, à la paix !

(*petite, car le sujet est apparu très vaste, si j’aurais su, j’aurais pas commencé !)

L’invitée du dimanche