Dura lex sed lex

La loi est dure, mais c’est la loi. On dirait que le Rassemblement national découvre que la loi qu’il a lui-même votée à la suite de l’affaire Cahuzac est supposée s’appliquer à tous et à toutes dans l’optique de barrer la route aux élus ou ceux qui prétendent à l’être, quand ils ont été reconnus coupables de délits engageant leur réputation d’honnêteté. Contrairement à ce que l’extrême droite le sous-entend, qu’il y ait eu enrichissement personnel ou pas. Le calendrier électoral fait que cette décision de justice a ou aura des répercussions sur la capacité de Marine Le Pen de briguer l’accession à la magistrature suprême, mais les circonstances amenant à cette situation ne peuvent avoir été préméditées.

Le fait le plus important reste le détournement de fonds appartenant à l’Union européenne pour rémunérer des cadres du Front national effectuant un travail au bénéfice du parti dirigé par Marine Le Pen, sur une période courant de 2004 à 2016. Entre-temps, deux élections présidentielles ont eu lieu, perdues par la candidate du Rassemblement national, qui a quand même bénéficié de la lenteur de la justice, mais il n’est pas anormal que la loi finisse par s’appliquer, afin de purger les contentieux passés. À mon sens, d’ailleurs, je souhaiterais que l’inéligibilité soit définitive pour éviter toute contestation, de même que pour obtenir un poste de simple fonctionnaire, il faut présenter un casier judiciaire vierge. D’après un sondage réalisé peu après le verdict, une majorité de Français s’est prononcée en faveur de la décision de justice, qui leur est apparue comme normale, au contraire du Premier ministre qui se serait dit « troublé » par la condamnation et aurait demandé aux ministres de s’abstenir de réactions officielles. Ce faisant, il prend en réalité parti, en sous-entendant que la décision ne serait pas justifiée, peut-être en référence à celle qui l’a épargné ainsi que sa formation politique, le modem, mis e cause pour des faits similaires.

Il n’y a que deux positions possibles en cette matière. Soit on fait confiance à l’institution judiciaire et à la volonté d’impartialité de ceux qui arbitrent entre les parties, et on laisse ses doutes au vestiaire, soit on a de bonnes raisons de soupçonner le contraire, et il faut en apporter des preuves ou des arguments suffisamment étayés. Il ne me suffit pas d’entendre des dirigeants étrangers faire part de leurs doutes en transposant le système en vigueur dans leur pays, je pense à Trump et aux États-Unis, pour accepter l’idée que les juges français mèneraient une croisade contre les politiques « patriotes » proches de l’idéologie Maga, pour faire court. C’est quand même un peu la honte de se faire donner des leçons de démocratie par des oligarques hostiles à l’état de droit, tel qu’il devrait s’appliquer, au profit d’une version très particulière où il est mis au service des plus puissants et ne se prononce qu’en leur faveur.

Commentaires  

#1 jacotte 86 01-04-2025 12:10
pour une fois on ne peut que se réjouir de l'indépendance du 3eme pouvoir ça ne devrait surprendre personne et on devrait arrêter de spéculer sur l'avenir du RN. et de sa "patronne"...c'est leur faire trop de publicité a mon avis ils n'en ont pas besoin
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