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La carte dorée Trump
- Détails
- Catégorie : Diabloguiste
- Publié le jeudi 27 février 2025 10:46
- Écrit par Claude Séné
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C’est le président américain en personne qui s’est réservé l’annonce de la mise en vente de ces super cartes vertes, qui donnent déjà le privilège à ceux qui les détiennent d’être autorisés à résider sur le sol des États-Unis et pouvoir y travailler. Ce fameux sésame est considéré comme tellement précieux qu’il fait l’objet d’une loterie pour permettre aux candidats à l’immigration d’obtenir presque gratuitement, hors frais de visa, le permis d’accéder au statut de résident tout ce qu’il y a de légal. 55 000 cartes sont distribuées par tirage au sort chaque année, mais pour 2025, il fallait s’inscrire avant le 7 novembre 2023.
La carte Trump, elle, ne sera pas gratuite, mais coûtera la bagatelle de 5 millions de dollars. Le président ne s’en cache pas, il s’agit d’attirer les ultrariches sur le sol américain, afin qu’ils y fassent des affaires, qu’ils dépensent beaucoup d’argent et qu’ils payent beaucoup d’impôts. Moyennant quoi, Donald promet qu’il ne sera pas trop regardant sur la provenance des fonds ayant permis d’acquérir ce ticket d’entrée. Il vise notamment une clientèle précise, celle des oligarques russes, dont il dit que ce sont des gens très bien, pour certains d’entre eux. Il imagine pouvoir vendre un million ou plus de ces cartes, dont certaines pourraient être financées par les entreprises souhaitant faire venir leurs collaborateurs aux États-Unis. Nous savions déjà que Donald Trump souhaitait diriger son pays comme un PDG le fait de son entreprise, avec un œil fixé sur le bénéfice net et l’autre sur la valeur de l’action. Ses décisions sont guidées par la recherche du profit maximum et il traite les relations internationales comme autant de marchés financiers dont il peut tirer avantage. C’est peut-être pour ça qu’il s’entend bien avec Macron, qui vante les mérites de la start-up nation.
Avec cette super carte verte, il donne l’occasion aux ultrariches de venir participer à la fête et s’enrichir encore davantage, tout en refoulant toujours plus les clandestins aux frontières de l’Union. Non seulement les détenteurs de cette carte pourront résider et travailler sans visa supplémentaire, mais le président Trump leur fait miroiter la perspective de pouvoir accéder au statut de citoyen américain qu’il considère visiblement comme le plus privilégié au monde. Il y a déjà confusion entre citoyenneté américaine et religion puisque la devise inscrite sur les billets de banque proclame : « in God we trust », et que les serments, y compris celui du Président, se prêtent sur la Bible, de telle sorte que le blasphème est plus infamant encore que le parjure. Avec Donald Trump, on comprend que c’est le Dieu Dollar dans lequel il place tous ses espoirs, et je lui suggère de modifier légèrement la devise nationale, en la changeant en : « in gold we trust » plus conforme à la réalité.