What else?

Qui d’autre que Donald Trump doit être tenu responsable des premières boulettes de son administration, puisque le président revendique d’être à l’origine de toutes les mesures annoncées depuis sa prise de fonction et d’être l’alpha et l’oméga de sa politique ? Lorsqu’il est en difficulté, le président orange a pour habitude de dénigrer ses adversaires et de les affubler de sobriquets injurieux. On se souvient du « Sleepy Joe » attribué à Joe Biden, ou celui de « Pocahontas » pour discréditer Kamala Harris, tout en faisant une allusion clairement raciste à l’égard des peuples exterminés par les colons. Cette fois, c’est Georges Clooney qui se fait traiter d’acteur de seconde zone pour avoir critiqué la politique de Donald Trump vis-à-vis de la presse.

Le président fait ainsi preuve d’un goût très sûr, et l’acteur très populaire symbolisant une célèbre marque de café en capsule se retrouve en excellente compagnie, celle de Meryl Streep, jugée très surestimée par Trump malgré ses trois Oscars puisqu’elle n’appréciait pas son action à sa juste valeur lors de son premier mandat. La nouvelle affaire embarrassante pour le pouvoir, c’est cette bourde partiellement reconnue par Mike Waltz, le conseiller à la sécurité nationale du président, qui a transmis par erreur à un journaliste des documents confidentiels exposant les plans d’une attaque des rebelles Houthis au Yémen, quelques heures avant leur exécution. Curieusement, Donald Trump minimise l’incident, qui n’aurait pas eu de conséquences fâcheuses, pour ne pas être éclaboussé par le scandale, j’imagine. « Il fait de son mieux », a déclaré le président, ce qui est le pire des compliments que l’on puisse faire, au vu des résultats obtenus.

On apprend au passage que les responsables américains de haut niveau utilisent la messagerie cryptée grand public « Signal » avec un degré de sécurité quasiment nul. On ne peut pas s’en étonner quand Trump recrute comme ministre de la Défense Pete Hegseth, un ancien présentateur de Fox News, la chaîne dédiée à la propagande trumpiste, en récompense des années de flatteries à son égard. Les Européens auront aussi confirmation de la piètre estime dans laquelle le vice-président J. D. Vance les tient. Un échange entre Vance et Hegseth est particulièrement instructif et confirme la position de Trump qui les qualifiait de « profiteurs ». Alors que Vance proclame qu’il « déteste venir au secours des Européens encore une fois », Egseth lui répond sur le même ton que c’est « pathétique ». On comprend mieux pourquoi l’administration américaine fait tout pour éviter de laisser l’Europe participer aux négociations balbutiantes d’un éventuel cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie. Mais aussi pourquoi les pays européens doivent impérieusement rechercher des initiatives communes pour arrimer les États-Unis à une alliance très fragilisée.