Vacances du pouvoir ou tourisme politique ?

L’épouse du vice-président américain, Usha Vance, a récemment été prise d’une envie irrépressible de visiter le Groenland, et son mari, J.D. a décidé de l’accompagner, malgré un agenda chargé, inhabituel en dehors de la période d’inauguration des chrysanthèmes, réservée au rôle d’un colistier honorifique. Toute allusion aux revendications territoriales exprimées par Donald Trump, qui a encore récemment déclaré que, d’une façon ou d’une autre, les États-Unis obtiendraient l’annexion de ce territoire, ne serait évidemment que pure coïncidence. Les autorités légales de cette île rattachée au Danemark ont évidemment pris ombrage de cette visite, où la famille Vance avait paru se comporter en pays conquis.

Un compromis semble avoir été trouvé pour limiter la portée de cette visite semi-officielle qui se déroulera principalement sur la base spatiale américaine de Pituffik. Pendant des siècles, ces terres n’étaient peuplées que par les aborigènes Inuits et quelques Vikings. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux, Éric Le Rouge, qui aurait « découvert » le Groenland en partant d’Islande. À l’époque, c’est le Groenland qui méritait le nom de terre verte et l’Islande celui de terre de glace, alors que ce serait plutôt l’inverse de nos jours. Longtemps revendiqué par le Danemark et la Norvège, seuls ou séparément, il constitue un territoire faisant partie du Royaume du Danemark et donc rattaché à l’Union Européenne, comme territoire d’outre-mer. Il dispose ainsi d’une certaine autonomie, et ne souhaite pas être racheté par quiconque. La classe politique danoise ne souhaite pas non plus céder ou vendre tout ou partie de ses terres, riches en métaux rares. Ce n’est apparemment qu’un détail pour Donald Le Rouge, qui se base sur le besoin impérieux des Américains de prendre de gré ou de force cette région qu’ils jugent nécessaire à leur sécurité.

En pratique, Donald Trump se comporte exactement comme Vladimir Poutine qui n’a eu de cesse depuis son accession au pouvoir de reconstituer l’empire soviétique tombé en 1989 avec le mur de Berlin, qui lui-même était une tentative de reformer la grande Russie de Catherine II. Dans des conflits tels que celui qui oppose Israël aux Palestiniens, chaque camp revendique le droit du premier occupant, dans un imbroglio historique selon la date prise comme référence, mais qui se base sur une certaine rationalité. En revanche, c’est le bon plaisir, voire le caprice, qui guident les actions des Russes et des Américains, qui n’ont que faire des arguments rationnels. Leurs pouvoirs se renforcent mutuellement et ils sont prêts à se partager le monde au travers de zones d’influences concédées dans des marchandages de commerçants, sur le dos des vassaux que nous sommes à leurs yeux. Le tout sans regrets ni scrupules.