L’Ukraine, encore et toujours
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- Catégorie : Diabloguiste
- Publié le samedi 29 novembre 2025 11:06
- Écrit par Claude Séné
Au moment de clore ce chapitre des chroniques que j’ai tenté de tenir comme une sorte de journal de l’actualité durant ces vingt dernières années, j’ai eu la curiosité de relire les tout premiers billets qui ont ouvert l’année 2006, et c’est sans surprise que j’ai constaté que le contentieux entre la Russie et l’Ukraine était déjà présent, juste après le premier sujet qui concernait le rallye du Paris-Dakar, qui, à l’époque, ne partait déjà plus de Paris, mais de Lisbonne. Sur le plan politique, les prémisses du futur conflit avec la Russie étaient posées, Moscou considérant que l’Ukraine faisait partie de sa sphère d’influence, au même titre que le Belarus, resté depuis dans son giron.
En attendant la guerre d’invasion réelle, pudiquement appelée opération « spéciale », le pouvoir russe, occupé par Vladimir Poutine depuis 1999, livrait à l’Ukraine une véritable guerre économique en renchérissant artificiellement le prix du gaz. On a vu à quoi cela a mené, et qui n’est pas terminé pour le moment. Les belligérants sont épuisés, matériellement et moralement, mais leurs dirigeants ne veulent pas plier, pour des raisons différentes. Ce sont malheureusement l’Ukraine et son président courageux qui risquent de faire les frais d’une parodie de médiation menée par les États-Unis de Donald Trump. Sans l’aide américaine et de son système de renseignements satellitaires, malgré les efforts louables de l’Union européenne, la loi du nombre, en personnel et en armement, finira par s’imposer. D’autant plus que la Russie n’a pas à se préoccuper d’une opinion publique très enrégimentée par la propagande du pouvoir, alors que l’Ukraine est en proie à des scandales de corruption touchant jusqu’au sommet de l’état.
Il n’est pourtant pas certain qu’un accord de cessez-le-feu, et encore moins de paix puisse être conclu rapidement, comme le souhaite le président américain, impatient de recevoir le prix Nobel de la paix qu’il estime avoir amplement mérité. Car son ami Poutine, lui, n’est pas pressé, comme un joueur qui gagne à la roulette (russe, évidemment) et qui laisse aller ses gains sur la même martingale en escomptant faire sauter la banque. De même qu’il faut être deux pour danser le tango, il faudra donc attendre le bon plaisir de Vladimir, sachant que la trêve éventuelle devra être achetée à prix d’or, ou de pétrole et de gaz, et qu’elle ne sera pas éternelle. Je crains, et ce sera mon dernier mot, qu’il faille attendre le trépas du despote pour espérer une issue favorable à un conflit littéralement « interminable ».
